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Les Mystères de Paris et la mondialisation d’un genre « populaire » ? Lecteurs de « mystères » en France, en Grèce et en Grande-Bretagne au XIXe siècle

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Filippos Katsanos
Filippos Katsanos

Abstract


Le phénomène de mode littéraire inauguré par la publication du roman d’Eugène Sue Les Mystères de Paris en 1842-3, a souvent été analysé par le recours à la notion de « littérature populaire » qui, dans la majorité des cas, se rapporte davantage à une poétique textuelle particulière qu’à une réalité sociale: les innombrables « mystères » écrits en imitation de ceux de Sue seraient « populaires » parce qu’ils appartiendraient à la « paralittérature », cet ensemble d’oeuvres considéré comme ayant une moindre valeur esthétique et dont les auteurs auraient abandonné la quête d’originalité en choisissant une écriture fondée sur la reprise et le remaniement de divers clichés narratifs. Or qu’en est-il de la « popularité » des mystères au sens strictement sociologique du terme ? Cet article propose d’étudier les lectorats des mystères dans trois pays qui ne connaissent pas les mêmes évolutions dans leurs systèmes éditoriaux respectifs : la France, la Grèce et la Grande-Bretagne. Nous essaierons de montrer que les mystères en tant que genre littéraire pérenne ne peuvent en aucun cas être étudiés à partir d’une hypothèse sociologique unique. Ni proprement « bourgeois » ni « populaires », ils épousent les évolutions complexes des contextes socio-culturels des différents pays en s’adaptant avec souplesse à leurs spécificités ainsi qu’aux diverses situations de communication.


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Print ISSN 1790-3572


Online ISSN 1791-7603